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C'est l'histoire d'une messe (2)
Tout ce qui fait que la messe, parfois, je la trouve nourrissante, accueillante, permettant aux chrétiens de se sentir une vraie famille,au service du Christ mais aussi de chacun pour les autres, humaine, empreinte d'une réelle communion, joyeuse, sans hiérarchie, allant au delà des changements voulus par le concile qui date d'il y a 50 ans et nous savons combien la société a évolué en un demi-siècle.
D'abord la messe que j'aime elle commence avant d'entrer dans l'église et se prolonge après. Je crois que si le Christ nous commande de nous aimer les uns les autres et donc de vivre ensemble (tous et pas seulement ceux qui nous ressemblent, tous et pas seulement ceux qu'on a la chance de connaître) c'est qu'il faut le faire avant, après et bien sûr pendant la messe. Si nous écoutons un évangile qui nous dit de faire œuvre de charité et que dans notre vie, ce n'est pas le cas, quel sens cela a d'écouter un tel texte et de dire avec tous les autres dans l'église que l'on est d'accord en disant amen? Hypocrisie! Mensonge à soi-même! Comment croire que l'on peut goûter en profondeur à des textes lus pendant les messes si avant, on n'a pas fait l'effort de les lire, d'y chercher un sens pour soi? La messe que j'aime, c'est celle qui me nourrit pendant que je suis avec les autres chrétiens dans l'église parce que déjà le Christ me nourrit dans ma vie de tous les jours.
Le prêtre nous attend, nous salue, non pas comme le propriétaire de l'église mais comme un compagnon qui va partager la célébration avec nous, comme nous, à notre égal. L'église appartient aux chrétiens. Pas à un groupe de personnes qui ont été ordonnés prêtre ou évêque. Chacun est au service de l'autre. Je me sens aussi chrétien que le pape et je ne suis pas moins chrétien que le prêtre. Alors le prêtre, qui ne se sent pas doté de super-pouvoirs, nous accueille et nous invite a célébrer ensemble notre amour du Christ.
La messe commence toujours par un chant, un chant repris par tous et porteur d'une joie évidente, accompagné par de la musique, une guitare, un orgue, un disque pourquoi pas. Ensuite vient cette évocation du péché. Pour moi c'est simple, on vient à la messe avec son histoire, ses soucis et ses réussites. On vient aussi avec ses erreurs, grandes ou petites. Le péché, c'est tout ce qui ne va pas dans le sens de l'amour que le Christ nous demande de porter, non seulement pour lui, pour les autres mais aussi pour nous-mêmes! Si nous nous aimions davantage nous-mêmes, souvent il nous serait plus facile d'aimer les autres. Alors on a le temps de se dire tout ça, de se souvenir d'une chose de la semaine écoulée ou de la veille. Ensuite on chante un « Seigneur prends pitié » parce que cela a du sens. Comme on dit que le Christ nous aime tout entier, avec ce que nous sommes de beau et ce qui fait qu'on n'est pas toujours content de nous.
Quelqu'un va lire la première lecture, puis le psaume. Le prêtre qui souhaite que ses trésors soient réellement partagées, organise une fois par mois un temps de prière particulier, dans lequel à partir de ces textes difficiles que le calendrier liturgique nous impose, se vit un échange, une construction d'un sens personnel mais aussi collectif. Ainsi les textes prennent corps et ne restent pas comme une poésie. Comme le prêtre est très pris, car ils sont de moins en moins nombreux les pauvres, des gens comme vous et moi, mènent ces temps de prière, sans prêtre puisqu'il ne peut pas venir. Ainsi les gens s'habitueront peu à peu à ces deux idées assez simples:
Suivre les commandement du Christ n'a jamais demandé qu'on fasse 7 années d'études pour pouvoir échanger des idées sur comment sa parole est pour nous source de changements dans nos vies.
Il n'est pas obligatoire d'avoir un prêtre parmi nous pour lire un évangile, prier, chanter et partager y compris dans une église et pas dans une salle gracieusement prêtée par une école.
Puis vient le moment de l'Eucharistie, la communion, l'hostie. La présence du prêtre à ce moment là indispensable, c'est le droit canon, l'histoire de l'église, le sacrement de l'ordre. Personnellement, je ne me sens pas capable de prendre sa place. Ce prêtre l'a bien compris qui se charge de la partie Eucharistie et la partie parole avec les lectures et l'évangile sont assurées par les chrétiens qui viennent à l'église. Le prêtre fait bien quelques entorses au droit en vigueur, mais bon! Le Vatican n'est pas réputé pour son fonctionnement démocratique et les changements dans les sociétés passent souvent par une volonté du peuple.
La messe se termine comme elle a commencé, dans la joie et la bonne humeur, au lieu de repartir chacun dans son coin, on échange des salutations. Les enfants de chœurs aussi sont contents, ils ne sont pas condamnés à agiter des clochettes ou à tenir l'aube du prêtre (d'ailleurs celle qu'il a est tellement modeste que c'est totalement inutile) mais au contraire ils participent, l'un a assuré une lecture aujourd'hui. J'oubliais un détail: il n'y a pas de latin car on ne l'apprend plus dans les écoles que chanter ou lire des textes en latin n'est plus compréhensible, que cela ne mène pas loin de transmettre quelque chose qui n'a pas de sens et que de toute manière il y a eu un concile qui a décidé de l'écarter. D'ailleurs le prêtre, qui est là au service des autres et du Christ, a remarqué assez vite que le crédo, ce texte qui est un peu le résumé de la foi, même en français, ses compagnons avaient du mal à le comprendre et encore moins à l'expliquer.
A la fin, le prêtre remerciera au nom de tous ces musiciens mais aussi toutes ces personnes qui font de cette messe, la messe de tous, un rassemblement de bonnes volontés. Cela ne fait jamais de mal de dire merci de temps en temps. Alors je vais remercier tous ces prêtres rencontrés ici ou là qui m'ont touché par leur simplicité, leur disponibilité, leur sens du service, leur générosité.