Me voici arrivé à Toulouse. Tout est nouveau! Cette sensation de ne pas connaître la ville et ses quartiers, cette école où je croise tous les jours des têtes dont j'ignore le nom et la fonction, ces accents et ces intonations qui n'ont rien de Breton. L'Occitant qui ressemble un peu au Catalan, c'est peut être la seule chose qui ne me dépayse pas!
Une nouvelle communauté,
des frères bien différents de mes frères du noviciat, des journées de travail pendant lesquelles je ne croise certains que pour la prière du matin puis celle du soir. Le travail qui grignote un
peu la vie communautaire, cette prière en Français du PTP où la créativité parait avoir déserté, ce qui ne m'enpêche pas pour le moment de goûter avec joie cette prière là que j'ai peu fréquenté
jusqu'ici. Le retour à la réalité peut être parfois difficile. L'espagnol me manque! Heureusement, dans une de mes classes, il y a un Breton de Vannes.
Dans le journal La Croix, un article sur ces 337 prêtres en Autriche qui appellent à désobéir à Rome. Ce qu'ils veulent? Que l'Eglise fasse des réformes que beaucoup de chrétiens
souhaitent et surtout ceux qui désertent les églises: Ils veulent pouvoir donner "la communion aux divorcés remariés et aux membres d’autres Églises chrétiennes. Qu’ils laisseront prêcher des
laïcs compétents, « y compris des femmes enseignantes de religion ». Et qu’ils saisiront toute occasion pour se prononcer publiquement en faveur de l’ordination des femmes et des
personnes mariées."
Cette année non pas comme juste les retrouvailles avec un métier mais davantage la construction d'une identité de frère, de chrétien, de la partie d'un tout.
Pousser la porte et rencontrer un peu d'eau fraîche. Cette année comme un passage. J'ai déjà sur mon calendrier des week-ends, des réunions ici ou là, faire connaissance avec
d'autres religieux, participer à la bonne marche des choses. Comprendre à la lumière de ce que j'ai reçu le monde dans lequel je vis. Accepter de ne pas tout comprendre, de comprendre plus tard,
de ne pas aimer, d'accueillir malgré moi. Garder, tout de même ma liberté d'expression. Et laisser une journée devenir quelque chose de grand, de beau, simplement parce qu'une phrase m'a touché,
on m'a adressé un sourire, j'ai été ému par les propos de quelqu'un. Retrouver cette capacité d'émerveillement que nous perdons si facilement et si souvent...
Voilà, le 6 août nous avons prononcé des voeux pour un an! Lors d'une célébration émouvante, les 6 novices du noviciat sont devenu officiellement consacrés, frères, religieux et membres d'une congration.
Ci dessous, photo avec au centre Jean-Paul Aleth qui est le provincial de France.
Ci dessous, photos de tous les novices avec au centre supérieur général de la congrégation Álvaro Rodríguez Echeverría, un costaricain.
d'autres photos ici:
http://www.lasalle.es/distritoarlep/images/stories/FotosGalerias/LaSalle2011/Galer%C3%ADa%20Primeros%20votos%20en%20Gri%C3%B1%C3%B3n/index.html
Ce samedi 6 août, je vais prononcer de premiers voeux, lors d'une célébration à 12h30. C'est pour moi et pour les 5 autres novices, signer un engagement d'un an.
Pour moi, c'est dire mon souhait de continuer la route avec ces frères mais aussi ces personnes de tous horizons qui s'engagent pour les autres, quelque soit la nature de leur engagement. C'est aller plus avant vers un inconnu, vers un rêve, vers une vie différente, vers les autres et plus particulièrement vers les plus pauvres, en communauté.
Une semaine à Taizé. Des frères, 70, des jeunes et des moins jeunes, 3000 environ. Juste quelques images.
L'église d'abord, comme une maison où se retrouver 3 fois par jour, pour y chanter en Français, en Allemand, en Russe, en Anglais. Une maison pour y retrouver le Christ avec les autres, portés par la prière des frères, ces chants répétitifs qui permettent d'entrer facilement en soi. Une maison pour y écrire des cartes postales, pour méditer, pour envoyer un texto, une maison pour être ensemble, jeunes, plus âgés, enfants.
La vie à Taizé. Les repas si simples, les nuits parmi les ronfleurs dans les dortoirs, les tentes pour les plus jeunes, la fontaine Saint Étienne où il fait bon se reposer un peu, les volontaires qui portent des panneaux sur lesquels on peut lire « Silence » avant de retrouver la prière. La lettre de Taizé et les passages de l'évangile que nous sert frère Andréas. Ses histoires du bout du monde, pleines de son humour, prétexte pour méditer ensuite et reconstruire un sens à sa vie, ce sens que l'on abîme parfois.
Le petit groupe francophone, nos retrouvailles quotidiennes pour partager autour des questions d'Andréas ou pour distribuer la tambouille du soir, groupe bien coloré. Une pasteur allemande pleine de bon sens, un Togolais devenu Belge, une Québécoise venue avec sa mère, une autre Belge qui se pose des questions, une Béninoise qui nous fait part de la violence et de l'exclusion dont souffrent les chrétiens dans certains pays à majorité musulmane. Partager ce qui nous fait avancer, ce qui nous touche, ce qui nous arrête. S'appuyer les uns sur les autres en tout simplicité. Grandir.
Taizé, ce mystère: une foi, des pratiques tellement différentes parfois, le miracle de cette prière qui rassemble, cette profondeur à laquelle nous invite la prière des frères, cette ambiance de camping qui rapproche inévitablement les gens de tous horizons, cet anglais rudimentaire parfois qui devient la langue commune, le miracle d'une paix qui se donne. Sentir à quel point partager une même foi dans le Christ peut être une source pour mieux vivre ensemble. Chanter l'amour, le prier ensemble, le vouloir pour les autres et pour soi et y mettre de l'énergie pour le faire vivre ensuite, voilà un chemin que nous propose Taizé. J'oubliais le plus important: la rencontre! La liste des pays présents est impressionnante: de la Bolivie à l'Allemagne, de la Nouvelle Zélande à l'Afrique du Sud, de la Slovaquie en passant par la Pologne ou la Hollande aux États-Unis, de l'Argentine à la Corée, le monde entier se retrouve à Taizé.
Une vidéo avec un chant de Taizé et de belles photos, à regarder en prenant son temps!