Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /Fév /2010 22:52

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Entre Quimper et Paris-Montparnasse où je dois assister à une réunion où l'on va parler d'un dispensaire à Madagascar, d'une groupe de jeunes sur le départ vers le Togo, de projets qui se profilent ver l'Argentine...
A l'aller une fille pianote un message sur son portable, je songe aux élèves qu'il faut surveiller comme du lait sur le feu à cause de ce satané engin qui sonne ou vibre au mauvais moment. J'ai envie de lui mettre une retenue ou un blâme s'il produit le moindre son!

Un tout jeune enfant qui pleure à grands bruits au grand dam de son papa qui ne sait plus comment le calmer, on a annoncé 10 fois dans le haut-parleur "veuillez utiliser les plate-formes pour téléphoner" mais il y a cette fille qui parle tellement fort à son interlocuteur au téléphone qu'évidemment tout le monde entend, nous nous regardons en pouffant de rire.


La manie du silence, de ne pas déranger, de vivre dans des intimités parallèle.
Ailleurs, d'autres sons, d'autres odeurs. J'ai voyagé un jour pendant 8 heures dans un bus pas particulièrement moelleux, avec des poulets ici et là et je ne supporte pas la sonnerie d'un portable dans un TGV.
Je dévore un drôle de livre plutôt tragique de Beigbeder, "Windows on the world"
Par p-christophe
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Lundi 1 février 2010 1 01 /02 /Fév /2010 17:39

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Quand j'ai commencé à enseigner j'étais attaché au savoir, à transmettre les bonnes informations. Peu à peu j'ai compris que s'il est important d'être à jour dans ce qui existe aujourd'hui dans le domaine de l'électricité, la vie de l'élève dans la salle de classe, à l'atelier, lors de sorties scolaires, d'évènements, c'est la qualité de cette vie là qui compte beaucoup.

Je sais trop bien que la vie professionnelle n'est pas une ligne droite. Je me souviens de Mickaël qui fait aujourd'hui de l'éclairage de scènes de concert après avoir décroché un bac pro d'électrotechnique alors qu'il n'avait aucune confiance en lui.Un jour j'ai croisé un copain de fac, il était chercheur d'or en Mongolie. Étudiant, il faisait de la biologie. J'ai souvent vu des jeunes qui ne savaient pas quoi faire!

Et puis il y a les accidents de la vie, les parents qui se séparent, comme les miens d'ailleurs, les parents qui décèdent ou fuient leurs responsabilités. Composer avec ça, donner de toutes ses forces les moyens d'être heureux à ces ados qui restent au bahut des journées entières. Combien de fois n'ai-je pas essayé d'arrondir les angles entre tel prof et tel élève, tenté d'accorder les exigences et le travail que nécessitent l'obtention d'un diplôme et la souplesse que demande la vie et ce chemin où l'on grandit!

Un seul souci, le bonheur de tous, entre l'élève enfermé dans l'argent gagné facilement à dealer et la prof qui déprime parce que c'est aussi son tour de subir un accident de la vie. Des êtres humains quoi, parfois complètement égarés!

Mon envie de devenir frère, c'est celle d'être le frère de toutes ces personnes là! D'être un frère plein de cette humanité qui nous manque si souvent.

Il y a quelques années, Benjamin fait une lourde chute en scooter. Les jambes en prennent un vilain coup. Il part trois mois en rééducation, loin du lycée et de tout ce petit monde, dans un centre avec vue sur la mer. Pendant ces trois mois, je vais aller le voir régulièrement, lui apportant du travail, les moyens de ne pas être largué. Il est devenu depuis un jeune que je vois régulièrement lorsque je retourne voir ma mère. Je suis la seule personne à avoir fait ces visites, quelques autres professeurs envoyant des photocopies dans une enveloppe. Dans ce monde où tout va vite, quel manque d'humanité parfois! Et les élèves aussi oublient parfois d'être là, de communiquer. Ils sont toujours pressés!

Les chemins de traverse, ce sont ceux que l'on emprunte quand on s'arrête de courir. Ce sont les chemins d'humilité, de justice et de vérité.

Il y a quelques années, dans un précédent établissement, je retrouve un élève que je n'avais pas vu depuis 4 ans. Il me dit que ce qui l'avait marqué avec moi c'est l'écoute. Alors je songe à ces professeurs, ici ou là, que j'ai aussi eu pendant mes études, qui sont de vrais moulins à parole.

Je me souviens d'un autre Mickaël, perdu sur les chemins de la drogue et des erreurs de jeunesse, de ce qu'il a fallu faire pour l'aider à continuer, malgré les cures de désintoxication, le décès de sa grand-mère venu au pire moment de son existence, les mauvaises fréquentations. Que d'efforts déployés par beaucoup d'adultes pour l'accompagner sur la voie de la réussite!

Chemin de vérité!

 

Par p-christophe
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Mercredi 13 janvier 2010 3 13 /01 /Jan /2010 09:34
[Ce qu'Il me propose est crédible pour conduire ma vie]

Le dimanche 10 janvier, alors que les trois quarts de la bretagne sont recouverts d'un filet blanc qui fait joujou avec les voitures et tout ce qui comporte plus de 2 roues, je suis dans la grande cathédrale de Quimper, devant un évêque, il y a des tas de personnes derrière moi, des gens que j'aime, des inconnus aussi, des jeunes, des moins jeunes, des gens que j'aime beaucoup qui n'ont pu venir à cause de cette neige inhabituelle, ma famille et mes amis coincés dans les Côtes-d'Armor, c'est à eux que je pense pendant ces moments. Il est là devant moi, il fait le signe de croix sur mon front, je sens le Saint Chrême mouiller mon front, son odeur extraordinaire, je sens Jésus me faire signe. Ce type est en train de changer ma vie! J'ai envie de passer un temps fou avec lui!

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"Et une chose m’a frappé tout d’abord dans pratiquement chacune d’entre elles : c’est l’importance qu’a eue pour vous la rencontre d’autres chrétiens vivant pleinement leur foi." (extrait de l'homélie de Monseigneur Le Vert)
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Mon parrain, frère Loïc Mazé, pendant la procession d'entrée.
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Avec Monseigneur Le Vert après la messe
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"Et il me semble que vous avez compris que la relation que le Christ veut établir avec vous est une relation d’amour, d’amitié, de confiance, comme celle qui existe entre Jésus et son Père ; vous avez compris que ce qu’il vous promet, c’est de vous donner le vrai bonheur" (extrait de l'homélie)
Ce bonheur, c'est d'abord celui d'être avec les autres, de l'être vraiment, chaussant ces lunettes de l'amour que porte Jésus! Pas facile de les trouver parfois, on ne sait plus où on les a posé le soir avant d'aller se coucher, il y a régulièrement de la poussière sur les verres. Pire encore on oublie parfois de les porter! C'est alors que le regard de l'autre nous éclaire, le regard de Stéphane par exemple, il les porte les lunettes, le regard de Véronique, comment fait-elle, on dirait qu'il n'y a jamais de poussière! C'est alors qu'on se le dit: J'ai oublié de les mettre.
C'est pour cela que j'aime prier. Pour respirer cette bonne odeur du Saint Chrême, prier, c'est se retrouver au coeur de ce qui est la vie pour en tirer tout ce bon jus d'amour. Il y a tant à faire!
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Repas fraternel: les frères du Likes, les amis, les chansons en breton, les bon mots, la réalité d'une fête, André Jacq, en pensée, souvent, ceux qui n'ont pas pu venir.
"Par la confirmation, vous faites le choix de laisser l’amour dominer votre vie. Et Dieu, en retour, vous offre la force de choisir toujours plus en qui vous voulez croire, qui vous voulez suivre, de comprendre que le seul qui puisse vraiment donner un sens à votre vie, c’est le Christ Jésus. Être chrétien, c’est d’abord et avant tout choisir Jésus, s’efforcer de le connaître, de l’écouter et de le suivre parce qu’on a acquis la certitude que ce qu’Il nous propose est crédible pour conduire sa vie." (extrait de l'homélie)
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Heureux quoi!

(pour lire l'homélie en entier, c'est ici: http://catholique-quimper.cef.fr/spiritualite/homelies/bapteme-du-seigneur-confirmation-des-adultes-a-la-cathedrale-st-corentin-le-10-01.10/)
Par p-christophe
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Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /Déc /2009 18:08

Bientôt le 25 décembre et bientôt 4 mois que je suis dans la communauté des frères du Likès comme postulant.
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Mon arrivée ressemblait à un lapin posé à un rendez-vous : je suis arrivé un mardi matin, ma voiture remplie de cartons. Et pourtant, comme j’avais fait le tri dans mes affaires ! J’ai jeté un peu, donné beaucoup à Emmaüs, entreposé chez ma mère. Ne restait que l’essentiel. Pour que je puisse m’installer définitivement, il fallait qu’un frère quitte la communauté, et ce frère c’est François qui est parti au Corniguel, une autre communauté de Quimper. Sauf que le 25, lorsque j’arrive les bras chargés, François est encore là, il n’a pas quitté sa chambre. Juste une soirée et il aura terminé de déménager tous les cartons de la chambre qu’il occupait depuis 7 ans. Ce n'est pas rien de quitter un endroit, d'être contraint de le quitter. C'est le lot de tous les frères (ou presque) que de quitter régulièrement la communauté où ils vivent. Et pour François, assez impliqué dans le soutien scolaire, c'est sans doute difficile. Je vais passer ma première nuit dans la chambre d’ami, la chambre de Colette. Elle s’appelle ainsi car la première personne à y avoir dormi c’est Colette Nys-Mazure, une poétesse. La chambre est petite et surtout, je n’y suis que de passage. Finalement, le lendemain, je découvre une chambre assez grande avec un bureau et une bibliothèque, un grand placard, une salle de bain avec douche et wc. Le confort suffisant. Et je vais avoir bientôt un bureau.

J’ai changé de vie, de statut aussi, d’image auprès des collègues de travail. Je suis quelqu’un qui vit avec des frères, je vis en permanence au lycée, le soir et le jour. Je découvre beaucoup de cette vie du lycée, à commencer par celle de l’internat, peu à peu je me fais connaitre des jeunes, en particulier des surveillants, les salariés mais aussi les surveillants élèves. Certains de mes élèves viennent me voir aussi dans mon bureau.

Souvent, on me dit que je vais devenir ceci ou cela, occuper telle ou telle fonction. Tu verras, quand tu seras DDE ou directeur, comme si devenir frère impliquait pour moi de nouvelles fonctions en perspective. A la vérité, si j’ai envie d’occuper des fonctions de direction, ce n’est pas pour maintenant et j’ai davantage envie d’aller vers les plus pauvres, en Amérique latine ou ailleurs. Comment leur dire que j’ai déjà envie de quitter le Likès et qu’en même temps j’ai envie d’y rester pour y faire des expériences ? Je n’ose les contredire dans leur schéma de pensée et de toute façon le temps se chargera de le faire.

Du coté des élèves, comme des parents, ce qui est extraordinaire c’est que tout le monde le sait, que je suis à l’aise, que cela n’a posé problème à personne. Je ne mesure pas bien ce que cela peut changer. Sans doute un coté catho ajouté à la perception du personnage. Quand je témoigne devant des jeunes de mon engagement, cela m’arrive de temps en temps, je parle du sens de la vie, sans jugement,  montrant que le sens de la vie c’est d’abord quelque chose de personnel que l’on construit finalement au fil de la vie, influencé par les autres, au gré des rencontres. Le mien, c’est celui là : me mettre au service de Dieu, annoncer la Bonne Nouvelle de son Fils, apporter une éducation chrétienne et humaine aux jeunes, enseigner et permettre aux jeunes qui m’entourent les moyens de se construire un avenir. On me questionne sur la vie de famille, les enfants que je n’aurai pas, la liberté que je suis sensé perdre. Le choix du sacrifice, petit ou grand est toujours un peu difficile à partager. A l’approche de noël, combien aujourd’hui seraient prêt à sacrifier un peu de leur gargantuesque repas pour le partager avec les pauvres qui grelottent dans la rue ?
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Au quotidien, la vie chez les frères est assez agréable. Cela peut même devenir infantilisant tant les contraintes matérielles se sont grandement estompées. Ces 4 derniers mois, j’ai surtout beaucoup travaillé, je ne trainais pas souvent le soir avec eux et regagnais ma chambre ou mon bureau. J’y vois beaucoup de fraternité. De la tendresse aussi. C’est une vie où chacun respecte l’autre, où les différences, et il y en a beaucoup, sont respectées, ont toute leur place. Un espace de liberté alors que nous sommes 8 à vivre ensemble. Même dans mon questionnement, car je me pose sincèrement la question de savoir si je vais devenir frère, je demeure libre, presque seul, libre d’interroger, observateur et acteur d’une vie communautaire. Un élève me demandait si je ne risquais pas d’être manipulé ! Je lui ai répondu qu’en regardant la télévision, j’avais mille fois plus de risques d’être manipulé et qu’avec les frères, je savais garder ma conscience pour moi. Cela est parfois frustrant d’être libre à ce point. Je construis la réponse à la question finalement seul, en toute conscience, parfois me mettant à la pêche aux informations, celle concernant l’avenir de l’institut, ou celui d’un frère aujourd’hui.

Aujourd’hui je suis heureux d’être là, d’avoir la chance, dans une vie, de vivre en communauté, de me rapprocher de Jésus dans la prière, d’être davantage au contact des jeunes, d’avoir une vision plus globale de ce que peut être une école en côtoyant les différents personnels qui la compose. Heureux aussi de grandir! Heureux de continuer à être postulant.

    

Par p-christophe
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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /Nov /2009 21:40
De retour après un séjour d'un mois à Rome!
L'Italie, les vespas, Saint-Pierre, les glaces place Navone, les pizzas, le musée du Vatican, le Pape, le Collisée, les Romains de bande dessinée, les ordures de Naples, les Fiat 500, les rues qu'il faut traverser avec prudence, les prêtres en col romain partout, les gardes-suisses, les Berlusconneries, le Chianti, les pâtes, arrivederci!, les cigarettes moins cher, les religieuses de tous poils, Saint Paul hors-les-murs, la place d'Espagne, les touristes sur les toits des bus, les Japonais, la chapelle Sixtine, le pape sur une assiette.


L'institut des frères des écoles chtrétiennes, les traductions humoristiques de Jean-François, le sous-sol plein de livres, le crâne de Jean-Baptiste de La Salle, les pâtes et la sauce rouge, le Colombien qui a souvent le sourire, les prières linguistiques, la femme de ménage qui change la serviette tous les jours, les archives et l'élégance de Francis, les cours d'espagnol avec Diego amigomio et le number two, la crêpe où j'ai rencontré Anatole, les écouteurs pour la traduction, le rire gargantuesque de Christopher, les remarques douces vaches d'Hortensia la mexicaine, la prestance de Josean, les envolées chaleureuses de Jean-Louis, le bon sens de JFM, les discussions et el argot avec Pedro, les goda! de Brendan, les Colombiens et les latinos, les "puntes las pilas" de Lina, Jean-Marie le Rwandais qui découvre le métro pour la première fois, Jesus et sa guitarra.
Saint-Jean Baptiste de La salle, sa vie, son oeuvre, la suite, l'histoire des maîtres, des laïcs, des frères, celle du monde qui va, les guerres, les colonies, l'anticléricalisme institutionnel, le coeur des frères, les enjeux d'aujourd'hui, les problèmes d'identité, les différences entre les pays, la beauté et la force d'une mission, l'amour des jeunes, la volonté d'aller de l'avant, les images de la réussite, les textes fondateurs, le caractère indubitablement international, tout ce qui fait que j'ai envie d'aller plus loin, tout ce qui me fait peur parfois aussi, ce Siel que j'ai vu d'en haut.

« Confiance, lève-toi, il t'appelle » (Mc 10, 49)


Saint Paul Hors-Les-Murs, le mystère de la foi qui fait aussi son infinie beauté, les signes des temps, les signes de Dieu, les lunettes de l'amour qui font voir le monde autrement, la profondeur d'une prière, le sentiment de vivre l'intensité d'un chemin, ce passage vers la Vérité, ce monde que les réalités ramènent durement, l'envie de dépasser les règles, le geste de paix que nous ne faisons pas assez, les mirages de la vie moderne, l'histoire qu'il faut écouter, la vraie fraternité, vivante, sincère, tendre, sortir les mains de ses poches, prêter l'oreille, dire merci, toute ces mosaïques, tout ces dons de soi, tout cette espérance en marche, ces clins d'oeil de la Providence, n'est-ce pas le signe qu'Il est là?
Par p-christophe
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Foi chrétienne

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Christophe

  • devenir frère
  • Je suis à la poursuite d'une vocation de frère enseignant dans une congrégation religieuse. Ce blog raconte ce cheminement de païen touché par la pauvreté du monde

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