Dimanche 25 décembre 2011 7 25 /12 /Déc /2011 12:08

Un sauveur nous est né, c'est ce que l'on chante lors de beaucoup de messes de noël. En ces temps difficiles qu'il est inutile de décrire, il y a aussi des pépites et des trésors, des cadeaux que la vie nous offre et qui n'ont pas grand chose à voir avec le père noël. Le sauveur, c'est peut-être celui qui va nous faire vivre et porter dans notre vie, les temps difficiles comme les cadeaux de la vie, avec le temps qui passe et que nous ne mesurons jamais bien, avec la vie autour de nous qui nous échappe si souvent, avec ces trésors enfouis que nous gardons cachés ou ces blessures que nous nous empêchons de cicatriser nous-mêmes. Un sauveur pour avancer avec tout ce qui nous construit, les pépites et les erreurs. Bonnes fêtes avec ce guide qui vous fait vivre, quel qu'il soit, pourvu qu'il y en ait un!

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La crêche de la communauté, oeuvre du frère Thierry.

Par p-christophe
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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 08:23

 

Derrière son écran de fumée, l'homme nous a expliqué comment nous allions nous donner la paix. Pas n'importe quelle paix, celle du Christ. C'est le temps de l'avent, pour beaucoup de gens, c'est l'heure d'accrocher des boules sur les sapins, dans les églises on donne d'autres ornements à la liturgie et c'est très bien. Et puis la paix du Christ, sérieusement, c'est quelque chose qui vient de loin, c'est un geste qui porte bien plus de choses. C'est d'abord un geste d'amour qui va bien au delà de notre humanité. Ce qui n'empêche pas de se donner cette petite paix tellement indispensable, celle du quotidien, celle du dimanche, celle qui manque parfois dans nos journées.

 

01-Wise-virgins A lire: Matthieu 25, 1-13

 

 

Quand la fumée a fini par cesser de m'irriter la gorge, il a dit que nous avions à retrouver la dimension eschatologique du geste de paix. Mince, il y avait quelque chose de caché, on ne me l'avait pas dit! Mais c'est quoi au fait, eschatologique? Cela à voir avec la fin des temps, ce qui nous attends tous au delà de la mort, le beau bouquet final. Toutes les religions ont leur idée sur ce bouquet, même ceux qui n'en n'ont pas, de religion. Pour les chrétiens, on peut dire en simplifiant un peu que c'est le retour de Jésus et sa gloire régnant sans fin.

Alors pour faire eschatologique, le prêtre donne une accolade aux enfants de chœur qui vont transmettre le geste de paix aux fidèles. C'est très long et voir ce type de 1m80 donner l'accolade à un gamin haut comme un ambon a des effets comiques oups! cosmiques. Ces prêtres qui veulent accrocher des boules dans le sapin pour le rendre plus je ne sais quoi...Pas un peu trop compliqué à saisir? 

 

lion-agneau A la fin des temps, le lion et la brebis dormiront ensemble...

... mais la brebis ne dormira pas beaucoup (Remixé de W. Allen)

Par p-christophe
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Mardi 8 novembre 2011 2 08 /11 /Nov /2011 22:20

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Un matin Amir me lance un « Bonjour, ça va m'sieur » et d'un coup j'oublie un peu mes difficultés pour faire travailler les élèves, en particulier les récalcitrants, les « qui n'ont pas leurs affaires » ou ceux qui ne sont tout simplement pas là. Ne pas chercher plus loin que ça: le travail, faire en sorte que celui-là finisse par décrocher son diplôme, malgré ses problèmes de dyslexie, ses retards, son peu de confiance, cette idée absurde que l'on peut avoir beaucoup sans rien faire, gratuitement.

Comme si la vie pouvait être un long chemin de gratuité dans lequel on ne se donne pas? Même mon prof de psycho le dit. Il dit que la gratuité n'existe pas, que ceux qui donnent, même s'ils se présentent comme des êtres de pure générosité pétris d'altruisme, inconsciemment n'attendent que la récompense, une estime de soi revigorée, une auréole.

Alors continuer le travail et parfois sortir du sommeil interpellé par ces moments aussi humains qu'un « Bonjour, ça va m'sieur ».

 

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Un temps de vacances avec Laure, le couscous en bas de chez elle, ses escaliers interminables, Paris et ce quartier de Belleville qui m'est familier. Besoin de la retrouver comme un point de repère, un rappel à ce que je suis dans mon histoire. Les amis sont là pour ça. Beauvais, le rassemblement de la fraternité éducative La Salle. 575 personnes. Incroyable! 575 personnes qui consacrent un peu de leurs vacances sur un sujet aussi difficile que celui de mener une œuvre. Bien sur, il y a des directeurs dans les lycées pour ça, des secrétaires et des salles des profs pour animer les programmes scolaires et la vie quotidienne de ces établissements. Mais cela ne suffit pas! Il y a tant de choses à faire pour que l'école aille mieux, que les jeunes s'épanouissent, que notre futur à nous et surtout le leur deviennent plus beau, plus juste. Le texte de la fraternité dit ceci: « Répondre aux besoins actuels d'éducation des enfants et des jeunes, prioritairement des défavorisés. »

 

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Un temps à Parménie, ce bel endroit près de Grenoble. 101 jeunes qui se rassemblent pour évoquer un ailleurs, du temps passé dans un petit village quelque part en Afrique ou au Mexique, à la rencontre d'autres jeunes, d'adultes qui vivent avec tellement moins, loin de nos crises actuelles, du temps pour rêver à un départ prochain vers ces pays, à la rencontre de soi-même aussi. Dans la chapelle où Jean-Baptiste de La Salle a prié il y a fort longtemps, je suis devant ces rêveurs à leur évoquer un autre rêve, réalisé celui-là, Basida en Espagne, ces ados qui dans les années 80 ont décidé de vivre ensemble et avec tous ces malades du SIDA dont personne ne voulait. Ces exclus de nos sociétés qu'ils accueillent encore aujourd'hui, vivant ensemble, ne possédant rien personnellement, pas même l'idée d'une retraite.

Devant ces jeunes, au delà du témoignage, je tente de faire sentir ce faire ensemble qui peut à la fois nous dépasser et nous réaliser sans qu'on y prenne vraiment conscience.

 

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Fabien m'a posé la question: Alors depuis que tu es là? Comment ça va? J'ai envie de dire que j'avance!

Il y a peu, à quelques jours d'intervalle, je suis allé voir avec Vincent deux films, « Intouchables » et « Polisse ». L'un comme l'autre parlent finalement de mondes qui ont tellement de mal à communiquer ensemble, à vivre l'un avec l'autre.

Et si parfois il y a des moments magiques comme dans la rencontre entre un riche tétraplégique et un grand gaillard des cités qui vit de pas grand chose, il y a des rendez vous manqués, comme ce gamin, dans le deuxième film, séparé par sa mère parce qu'on ne peut même pas leur trouver un foyer qui puisse les accueillir ensemble.

Ce matin à la radio, j'entendais un jeune adulte de 22 ans raconter que pour vivre il n'avait rien d'autre que 80 euros par mois, les restes d'une allocation logement mangée par un endroit où vivre. Je suis là à écrire ces lignes, devant mon ordinateur qui a coûté un mois de son loyer à lui.

La semaine dernière j'ai acheté un livre à 22 euros. Combien de sandwichs aurait-il pu acheter avec çà? Comment ça va? J'ai un peu de mal.

Je repense à Marie-Cécile, rencontrée à Taizé qui se demandait si elle n'allait pas accueillir chez elle un de ces paumés de la vie. Vas-y Marie-Cécile, il est temps de proposer une autre façon de vivre ensemble.

Par p-christophe
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Samedi 1 octobre 2011 6 01 /10 /Oct /2011 11:11

Cela fait maintenant un mois que je suis arrivé à Toulouse après 13 mois à Madrid, 14 années d'enseignement en Bretagne, 40 années de vie sur terre, une famille, des amis, la mer.

Ici, il faut tout découvrir ou redécouvrir, vivre et partager, comprendre ce qui me rebute, accepter ce qui me parait injuste.

Devenir frère des écoles chrétiennes, c'est comme entrer dans une famille: il y a des personnes que l'on adore et d'autres que l'on aime avec modération! Même avec toute la fraternité possible et imaginable, il y a des moments où les prise de position ou les idées de l'autre me choquent! Chacun son histoire, son parcours, il faut accepter ceci ou cela. C'est le "discours automatique" qui ne dit pas les limites de l'acceptation. Les belles idées et la théorie à l'épreuve de la confrontation au réel.

Des idées et des couleurs bien différentes comme celles de la photo ci-dessous:

S10100021Un bilan? Le travail au lycée pro, j'aime beaucoup malgré quelques difficultés: du matériel qui n'existe pas encore, des locaux pas toujours à la hauteur, des élèves parfois difficiles, ou en grande difficulté. Les études le lundi et le mardi à l'institut catholique, génial, intéressant. Faire de la psycho ou se plonger dans l'histoire des premiers chrétiens, j'aime. Connaitre et comprendre l'histoire du monde, cela aide à ne pas trop juger.

La communauté: la prière communautaire me rebute, pour le moment nous prions avec le ptp, le livre qu'utilisent toutes les communautés religieuses. Cela ne m'est pas toujours très nourrissant! Où est partie la créativité que je vivais l'an passé? Les chants et les hymnes que l'on peut accompagner de musiques? Je continue de préparer la prière comme je le faisais avant mais j'ai du mal à entrer dans un certain moule! Ceci dit, sur les autres plans, tout va bien même si certaines grandes questions demeurent actuelles comme le voeu de pauvreté. Un  évènement qui fait entrer dans la famille des frères: Vincent dont le papa est décédé la semaine dernière. Les liens communautaires sont bien là.

 

 

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Hier  soir, nous avons été mangé chez des soeurs, femmes plutôt jeunes qui vivent dans un appartement au mirail. Le mirail, ce nom de cité qui évoque des voitures brûlées, des violences urbaines. Sortir du métro et voir les anciens, tous maghrébins, assis sur des bancs, faisant la causette, comme sur la place d'un petit village. Contraste surprenant entre cette tranquillité et ces pneus qui crissent sur le bitume et que nous allons entendre régulièrement toute la soirée. Ecoutant ces femmes raconter leur vie et leurs activités, des questions sur ma vocation, sur ce que j'ai envie de faire. De quoi suis-je capable? De tous ces rêves lequel est vraiment accessible?

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Par p-christophe
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Lundi 12 septembre 2011 1 12 /09 /Sep /2011 17:07
Par p-christophe
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Foi chrétienne

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Christophe

  • devenir frère
  • Toulouse
  • Je suis à la poursuite d'une vocation de frère enseignant dans une congrégation religieuse. Ce blog raconte ce cheminement de païen touché par la pauvreté du monde

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